J'ai testé pour vous ! Lieux insolites

Découverte insolite : les vestiges d’un camp américain près de Chinon !

Aujourd’hui, 75 ans jour pour jour après le débarquement des troupes alliées sur les plages de Normandie, je me suis intéressée aux traces - plus ou moins intactes - du passage des américains à Chinon. Et, découverte étonnante et non moins insolite, Saint-Benoit-La-Forêt, commune toute proche de Chinon, a été le théâtre d’une véritable ville US !

Notre D-Day chinonais

Aujourd’hui, 75 ans jour pour jour après le débarquement des troupes alliées sur les plages de Normandie, je me suis intéressée aux traces – plus ou moins intactes – du passage des américains à Chinon. Et, découverte étonnante et non moins insolite, Saint-Benoit-La-Forêt, commune toute proche de Chinon, a été le théâtre d’une véritable ville US !

Quand Saint-Benoit-La-Foret devient le “dépôt activity”

Je vous replonge dans le contexte : fin de la seconde guerre mondiale, l’armistice est signé. Début de la fameuse période de “guerre froide”. La tension est palpable entre l’Ouest et l’Est et les forces de l’OTAN, nouvellement créées, craignent une attaque de l’URSS. Pour assurer la paix, les américains décident de s’installer durablement en France et d’y établir des bases militaires. 

C’est dans ce contexte que Saint-Benoit-La-Forêt a accueilli pendant plus de 15 ans, de 1951 à 1967, le “Depot Activity” de Chinon. Ce ne sont pas moins de 1500 militaires – dans de multiples spécialités administratives et techniques – qui se sont installés et plus de 1000 civils de Chinon et des alentours qui travaillaient pour le camp militaire ! Incroyable non ? Une ville dans la ville !

De nombreuses infrastructures furent construites et, même si aujourd’hui il ne reste presque rien de leur passage, de nombreux vestiges nous laissent imaginer l’étendue de la base militaire.

Liliane, mémoire vivante de la présence américaine

Par chance, nous avons encore une mémoire vivante de cette période, Liliane Marolleau. A cette époque, elle était secrétaire au Headquarters (QG) du Chinon Engineer Depot et y a travaillé pendant 7 ans. Elle garde un souvenir impérissable de cette période de sa vie et conserve encore précieusement de nombreux documents et photos d’époque. Incroyable témoignage que celui de Liliane !

Je me souviens parfaitement de ma vie aux côtés des militaires américains ! Dans un luxe et une modernité que je n’avais jusqu’alors pas imaginés … des bâtiments neufs d’un confort exceptionnel, des bureaux spacieux équipés de machines à écrire ultra-modernes et de lampes à néons … alors inconnues en France !

Liliane MAROLLEAU

Elle confie aussi qu’un jour l’officier commandant le camp avait proposé à la commune de Saint-Benoit-La-Foret, de construire un réseau d’assainissement collectif au bourg du village … mais que cette offre gracieuse fut déclinée par le conseil municipal de l’époque, allez savoir pourquoi … 

Ayant quelques notions d’anglais, elle suivait des cours de steno anglaise grâce auxquels elle fut recrutée comme secrétaire. Elle était l’interface entre l’armée américaine et l’administration française ! Elle se souvient alors de son salaire, qui pour l’époque était très enviable (elle débute à 270 francs pour terminer à 1000 francs par mois, 7 ans plus tard) et de ses fiches de notation dignes de nos processus qualité actuels… Incroyable !

Liliane se rappelle surtout de cette organisation militaire, sans faille, bien en avance sur les méthodes de travail françaises. Son secrétariat avait la responsabilité de la rédaction d’un journal interne, le « Daily bulletin ». Le sens du détail de cette organisation, associé à une mise en oeuvre de moyens énormes, démontrait la modernité et la supériorité de cette armée américaine.

Il faut quand même se rendre compte ! La base militaire était complètement autonome : sa propre banque, son école, son hôpital, son cinéma, son bowling et même son supermarché ! Que des nouveautés importées des Etats-Unis …

Liliane MAROLLEAU

Liliane se souvient aussi des fêtes et cérémonies organisées, toujours dans la plus pure tradition américaine, par les soldats. Les personnels civils du camp étaient conviés. Il fallait voir l’opulence des repas proposés ! Un de ses souvenirs ? Le « coffee truck » qui parcourait le camp pour distribuer son café délavé … comme quoi, on a rien inventé, sourit-elle !

Cinquante ans après, elle habite toujours dans la région et reste en contact avec d’anciennes collègues. L’une d’entre elle était opératrice téléphonique et travaillait en équipe 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Elle reste aussi en relation avec d’anciens militaires américains qui sont devenus ses amis et lui rendent visite régulièrement.

L’Hôpital américain de Chinon, toujours debout !

Parallèlement, la construction d’un hôpital militaire de 1000 lits fut entreprise quelques kilomètres avant Chinon. Pourquoi construire un hôpital ? Car, dans le cadre des accords de l’OTAN, les troupes américaines savaient qu’elles resteraient longtemps dans la région …

Inauguré en 1951, l’US Army Hospital est aujourd’hui devenu le Centre Hospitalier du Chinonais.

Deux lotissements, à Chinon et Beaumont, des hangars, un immense atelier de maintenance, une caserne de pompiers, un hôpital, une piste d’atterrissage, une gare, 52 km de voie ferrée, le camp américain a transformé le paysage, et nombre de bâtiments, comme l’hôpital, en témoignent encore.

Seize années d’une « occupation » pacifique et cordiale auxquelles le village de Saint-Benoît-la-Forêt est encore attaché ! Cela valait la peine d’en parler 😉

Sources : Mairie de Saint-Benoit-La-Fôret ; Photos de Stéphane Catelas (directeur technique de la société CLEN installée dans des anciens bâtiments du camp américain).

(4 commentaires)

  1. Ma mamam a travailler au camp Americain Elle s’appelle Yvette Planchon (Mexmain).Toujours Vivante 85 ans et habits a cote de Chinon.
    Merci son fils Mr J M Planchon

  2. mes parents y ont travaille tous les deux Michel Rousseau et Yvonne Fièvre-Rousseau toujours vivante a 86 ans mais papa decede elle habite a Paris merci sa fille Martine Rousseau Glachant j aimerai savoir comment prendre contact avec madame Marolleau Liliane

  3. Bonjour. Ma grand mère, Mme CHMIELOWSKI Yolande a travaille au camp américain durant des années. Elle vit à CHINON et cela fait partie des souvenirs qu’elle nous raconte régulièrement. Elle doit avoir encore des photos.
    Pour un prochain article… Peut-être !

  4. Bonjour, Je cherche aussi à joindre Liliane Marolleau, car mes ancêtres (que je cherche depuis toujours) y ont travaillé comme les vôtres… Merci.

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